Les avantages de lEDI sont multiples, on
peut citer tout dabord :
Le gain de temps : une seule saisie au lieu
de 4 à 5 pour un document. De plus, quelques
secondes pour la transmission des données par
rapport à plusieurs jours pour un courrier par
la poste.
Une plus grande fiabilité : la
multiplication des saisies est une source
derreurs et donc de litiges.
Une traçabilité des produits : dans le
transport et la logistique où cela permet à
chaque instant de suivre un colis.
Enfin, cest un
avantage économique : qui peut être
important. Il comprend tous les gains liés à
une optimisation de productivité, mais surtout
un gain de coûts dexpédition. Ainsi, en
1995 Système U Est transmettait 1,2 million de
commandes par an. Envoyer un message par télex
revient à 0.80 centime, contre 0,15 centime par
EDI. Donc, si lensemble des fournisseurs de
la centrale passe à lEDI, le gain serait
alors de 780.000 F, de quoi rentabiliser un
investissement de 50.000F.
En France, en 1972, la société Gencod a été
la première à proposer un langage pour
léchange de données informatiques.
Linformation est contenu dans le célèbre
code-barres, que lon retrouve maintenant
sur la quasi-totalité des emballages. Gencod
crée en 1989 son réseau électronique: Allegro.
Il est rapidement devenu le standard en France,
mais présentait un inconvénient: son langage
est franco-français ce qui est pénalisant pour
les échanges internationaux. Parallèlement, en
1987 lONU développait un langage
normalisé, multisectoriel: Edifact (Electronic
Date Interchange for Administration Commerce and
Transport). Ce standard était devenu
nécessaire, car imaginons deux sociétés ayant
des langages différents, deux formats de
fichiers étaient nécessaires pour
séchanger des données. Il en fallait 22
pour quatre sociétés, et 9900 pour 100
entreprises. Ce développement a permis la
création dautres logiciels qui ce sont
spécialisés dans différents domaines
dactivité. On peut notamment citer :
Allegro,Atlas 400 de France Télécom qui
fonctionne avec les deux langages : Edifact
et Eancom. Edifact a été décliné en fonction
de besoins particuliers de différents secteurs
professionnel :
Edisport est spécialisée entre les
distributeurs darticles de sport et leurs
fournisseurs.
Editransport a été développé pour les
entreprises de transport.
Ediconstruct dans lunivers du BTP.
Editex Spécialisé dans le monde du textile.
Edipharm qui sadresse à lindustrie
pharmaceutique.
Edijouet circuit du jouet.
Gallia système qui relie les constructeurs
automobiles et leurs sous-traitants.
1.1 Les applications :
Souvent les GMA ont poussé leurs
fournisseurs vers lEDI et les industriels
sy sont pliés. Cela dit, TEFAL en a
profité pour mener une politique de partenariat
avec ses propres fournisseurs. Dès 1992, elle
crée avec ces derniers quelque soit le secteur
(aluminium, imprimerie, emballages, pièces en
bakélite) et ses sous-traitants, un groupe de
travail pour mettre au point les messages.
Lobjectif à terme est doptimiser la
production en juste à temps en partant de
létat des stocks des fournisseurs. On se
rendre compte dès lors, que lun des effets
induits de lEDI est: la fidélisation
entre partenaires. Ainsi des sociétés telles
que Guilbert, ont introduit dans leur stratégie
de fidélisation lEDI. Travailler avec un
client sur un projet commun autre que commercial,
renforce les liens .... commerciaux. Guilbert
dialogue en EDI avec ses plus gros clients
(commandes, catalogues, avis dexpéditions,
facturations). Il en fait de même avec ses
fournisseurs.
Les applications de lEDI sont multiples, et
les avantages retenus par les utilisateurs
variés. Il est un secteur dactivité où
lEDI est particulièrement utilisé,
cest la grande distribution avec ses
fournisseurs.
2- Application dans la grande distribution
De Auchan, qui ne cache pas son ambition
de communiquer dordinateur à ordinateur
avec 6000 de ses fournisseurs, à Intermarché,
qui sapprête à adresser 50% de ses
commandes par EDI, tous ont trouvé suffisamment
davantages à lEDI pour
limposer à leurs fournisseurs.
Si on suit le cheminement dune commande en
EDI, on peut obtenir le scénario suivant :
J-1, 17 h. Un magasin Leroy-Merlin de
Lille commande par EDI 30 pots de peinture aux
Peintures Julien, à Marseille. J, 6 h.
Les peintures Julien ouvrent leur boîte aux
lettres électronique.
J, 8h15. Notification par EDI de la
commande à lentrepôt Julien de Lille.
J, 10 h. Mise sur palette de la commande
pour envoi au client.
J, 13 h. Message EDI du siège au magasin
Leroy-Merlin indiquant que la commande a été
traitée.
J, 18 h. lentrepôt envoie par EDI
le récapitulatif des envois de la journée au
siège et au transporteur Dubois. Le siège
envoie à la fabrication les demandes de
réapprovisionnement des entrepôts.On pourrait
continuer avec lenvoie dune facture
dans la boîte aux lettres de Leroy-Merlin, le
paiement de celle-ci par ordre de virement à la
banque.
Mais ce nest pas tout. La grande
distribution et ses fournisseurs recherchent des
terrains dentente pour réduire les
inconvénients liés à lexistence
dun double circuit logistique qui grève
les coûts. Le double mouvement de
concentration : des groupes industriels,
dune part, et des distributeurs,
dautre part, oblige les deux parties à
simplifier leurs organisations logistiques. Cela
les a amenés à considérer ensemble sous un
jour favorable lECR.
Efficient
Consumer Response (ECR) cest un nouvel
outil que pensent avoir trouvé les distributeurs
et leurs fournisseurs dans la chasse aux
surcoûts. Le concept a été lancé lors de la
conférence du Food Marketing Institute (FMI) en
1992.
Cette technique
est arrivée en Europe en 1994 sous
linitiative denseignes de
distribution et dindustriels parmi
lesquelles on peut citer : Auchan, Promodes,
Ikea, Coca-Cola, Mars, Unilever, Nestlé, Danone,
Jonhson & Jonhson...
2-
LECR:
Aujourdhui tout démarre de
lachat. La philosophie de lECR est de
tout commencer à partir des ventes. Cela est
rendu possible grâce à deux technologies :
le Scanning, pour récupérer les données,
lEDI pour leurs transmissions rapide vers
les fournisseurs. Ainsi chez Auchan,
lentrepôt de Vitrolles récupère chaques
soirs les données de vente (PGC) de
lhypermarché de Nice. Ces données sont
transmises ensuite à Danone. Cela permet à
lindustriel dajuster ses livraisons
quotidiennes, et donc, de mieux contrôler les
flux, de les adapter aux fluctuations
saisonnières pour certain (Coca-Cola),
journalières (Danone). Pour benoît Tresca ,
cest " créer un micromarketing
de proximité ".
Cela impose de tout mettre à plat et de changer
radicalement les méthodes de travail. lECR
introduit de nouveau rapport entre les
" belligérants ". Les
relations deviennent de type
" gagnant-gagnant ". Ainsi,
selon une étude commandée par Coca-Cola, le
bénéfice lié à lECR en France, serait
de lordre de 2,4% du chiffre
daffaires aux prix de vente détail. Plus
de la moitié des gains de productivité (60%)
iraient aux distributeurs, et ce, principalement
au niveau de la logistique, mais également sur
le marketing. 40% de ces bénéfices iraient aux
lindustriels. Par ailleurs, un avantage
difficilement quantifiable, mais réel, au profit
de la grande distribution provient du flux tendu.
En effet celui-ci permet déviter les
ruptures de stocks à lorigine dune
perte importante de chiffre daffaires ; et
ce, principalement au niveau des produits
saisonniers. Un autre avantage, cest
lautomatisation des commandes. En effet en
analysant très finement les données du
scanning, il devient possible de calculer en
continu les prévisions de vente, et de générer
les approvisionnements correspondants. Pour le
chef de rayon , il ne sagit pas dune
perte de pouvoir, mais dun gain de temps
lui permettant de ce concentrer plus finement sur
son vrai métier qui est de vendre et non compter
pour acheter. Cela dit un problème important
surgit dans la mise en place du processus. Il
sagit des promotions. En effet elles se
font toujours dans une logique dachats, et
non de vente. Ces promotions amènent le
distributeur à constituer des stocks de
marchandises qui empêchent une planification
réaliste de la production. De plus, les
promotions en tout genre ont instauré une
véritable pagaille dans la gestion des
codes-barres. Normalement, chaques promotions
devraient entraîner une modification du code
EAN. Mais pour un simple changement de
code-barre, les distributeurs réclament aux
fournisseurs des sommes qui peuvent aller
jusqu'à 8.000 F par ligne, et par magasin. Cela
a amené les industriels à tricher. Les
informations apportées par le gen-code ne sont
plus correctes, et les analyses hasardeuses.
Faut-il donc, pour passer à lECR supprimer
les promotions ? Comme le pense Alain Fontenay ou
séparer le fond de marque des activités
promotionnelles et analyser les résultats
dun article ou dune promotion dans
une catégorie de produits? Comme le préconise
Olivier Géradon de Vera. En posant ce problème
on saperçoit que lun des bénéfices
de cette méthode, est la nouvelle philosophie
des rapports entre distribution et industriels.
Cette nouvelle donne les rend plus imbriqués les
uns avec les autres.
En
conclusion
On doit considérer que ce qui a motivé
la mise en place de ces outils, a été la
recherche permanente de gain de productivité sur
les postes de gestion et de logistique. Lorsque
ces gains de productivité se font aussi bien
chez le fabricant, que chez le distributeur, la
synergie entre les deux se met en place
rapidement, et avec beaucoup defficacité.
Par ailleurs tous ces gains ont été rendus
possible grâce à la formidable augmentation de
capacité et de puissance de linformatique.
Quel sera la prochaine étape ?
Le magasin virtuel, via Internet, prendra plus
dimportance quil nen a
actuellement. Le consommateur considérera que
prendre sa voiture, faire les courses dans la
foule du samedi, les transporter chez lui comme
une véritable corvée devenue insupportable.
Peut être préféra-t-il les faire en toute
sérénité devant son P.C. le dimanche ou à
toute autre moment à sa convenance, sans
dépendre des contraintes douverture du
magasin. Lavantage logistique deviendra
alors évident pour un distributeur qui
concentrera ses M2 pour le stockage :
grandes bases logistiques doù partiraient
des coursiers. Voilà ce que pourraient être les
enjeux et les défis de demain .
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